Arlette Pujar est une auteure profondément martiniquaise, dont l'écriture se nourrit d'un attachement viscéral à son île et à sa mémoire collective. Ayant rejoint, selon ses propres mots, « le ministère du temps libre », elle consacre désormais pleinement son énergie à l'écriture et à ses lecteurs. Auteure de plusieurs ouvrages, elle signe avec Le Lycée Schoelcher un travail de mémoire remarquable, fruit de trois ans de collecte de témoignages, qui retrace l'histoire d'un établissement scolaire devenu symbole d'une époque et d'une société martiniquaise tout entière.
Arlette Pujar : gardienne des mémoires fraternelles
Arlette Pujar est une auteure martiniquaise dont l'œuvre s'inscrit résolument dans la valorisation du patrimoine historique et culturel de son île. Profondément enracinée dans sa terre natale, elle a choisi, après une vie professionnelle bien remplie, de consacrer son temps à l'écriture et à la rencontre avec ses lecteurs. « J'ai rejoint le ministère du temps libre », dit-elle avec malice, « donc j'ai du temps pour écrire et du temps à consacrer à mes lecteurs. »
Auteure de plusieurs ouvrages, elle se distingue par une démarche rigoureuse et sensible, toujours ancrée dans les réalités martiniquaises. Son œuvre la plus récente, Le Lycée Schoelcher, est le fruit d'un travail de longue haleine : trois années passées à recueillir les témoignages de générations d'anciens élèves, jeunes et moins jeunes, pour restituer l'âme d'un établissement qui a marqué des générations entières. « Je n'ai été ni élève ni enseignante au lycée Schoelcher », confie-t-elle avec franchise, « mais justement, c'est un regard extérieur que j'apporte. » Un regard neuf qui lui a permis d'appréhender le lycée dans toute sa dimension humaine et historique, bien au-delà de sa seule vocation scolaire.
Car le lycée Schoelcher n'est pas un simple établissement. À une époque où les enfants y entraient dès la maternelle, à quatre ans, pour en ressortir au baccalauréat vers dix-huit ou vingt ans, il constituait un véritable lieu de vie, avec son internat, ses amitiés indéfectibles, ses enseignants de renom. Venir du fond d'une commune grâce à une bourse et à un examen d'entrée sélectif, c'était être « la fierté de ses parents, la fierté d'un quartier ». Entrer dans ce lycée, c'était, selon le mot de Césaire, « entrer dans la civilisation ».
Arlette Pujar s'attache également à la dimension architecturale et patrimoniale du bâtiment. À l'époque de sa construction, le lycée Schoelcher était l'un des rares édifices de Fort-de-France à s'élever en hauteur, visible depuis le plat de la ville, dominant le paysage comme une promesse. « On disait qu'on montait au lycée », rappelle-t-elle, « une ascension vers la culture, vers la connaissance. » Elle a eu l'occasion de le revisiter récemment en compagnie de l'architecte Gustavo Torres, chargé de sa rénovation, découvrant avec émotion comment le bâtiment des années 1930 a été modernisé tout en préservant son architecture d'origine, avec cette vue imprenable sur la baie de Fort-de-France qui s'offre désormais aux élèves comme une fenêtre sur le monde.
Avec cet ouvrage, Arlette Pujar offre bien plus qu'une monographie : elle restitue un pan entier de la mémoire collective martiniquaise, faite de fraternité, d'exigence et de fierté.
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